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VI Nations, J1 - Mirco Bergamasco (Italie) : « Y croire et ne rien lâcher »

VI Nations, J1 - Mirco Bergamasco (Italie) : « Y croire et ne rien lâcher »

Publié le 31/01/2012

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Si pour Mirco Bergamasco, l'Italie peut rivaliser avec les meilleurs sur le plan physique ou technique, c'est au niveau mental que les transalpins sont en difficulté. (Crédit photo : Presse Sports)

- C'est votre neuvième saison en France, où vous y avez gagné deux titres avec le Stade français (2004 et 2007). On peut dire que vous connaissez bien le rugby français aussi, que vous-inspire-t-il ?

Il m'inspire beaucoup de belles choses. Si j'ai commencé le rugby en Italie (NDLR : à Selvazzano puis Padoue), c'est en France que j'ai rugbystiquement grandi, et que je continue à grandir…


- Pour entrer dans le vif du sujet, que pensez-vous du XV de France ?

C'est une référence mondiale. C'est une équipe qui a un très grand palmarès. D'excellents joueurs ont porté ce maillot, d'autre le feront… je respecte beaucoup cette équipe. Après, étant Italien, ce sont nos « cousins » ! Nous sommes tous les deux latins, les seuls de la compétition, et chacun aura à cœur de montrer qu'il est le meilleur.




- Comment analysez-vous l'arrivée de Philippe Saint-André à la tête de l'équipe ?

Je ne le connais pas personnellement, je ne le connais que par ses résultats. Mais que ce soit avec Gloucester, Sale ou Toulon, ils parlent pour lui. C'est un excellent entraîneur, car on ne devient pas sélectionneur des Bleus par hasard. La France est ambitieuse, lui aussi, donc je pense que cela peut être très positif pour l'équipe. Il bénéficie d'un réservoir de joueurs de grande qualité, donc à lui d'en tirer le meilleur… le plus dur pour lui, sera de choisir les meilleurs d'entre les meilleurs !




- A ce sujet, que pensez-vous du groupe retenu ?

Ce sont tous des joueurs de qualité, et l'équilibre est parfait. Il y a beaucoup de joueurs expérimentés, dont certains qui ont disputé une finale de Coupe du Monde, et des jeunes, qui n'ont certes pas encore de sélection (NDLR : Maestri et Fofana) mais qui sont pétris de talent. C'est une formation très homogène, mais qui devra rapidement faire ses preuves, car ça pousse fort derrière, et la concurrence pour y rester va être énorme. Il va falloir être bon tout de suite.




- Le 12 mars 2011, l'Italie battait la France à Rome (22-21). Quel souvenir en gardez-vous ?

C'est forcément un excellent souvenir. Nous n'avions pas battu les Bleus depuis 1997 (NDLR : 40-32 à Grenoble) et donc, nous nous préparions encore à un gros rendez-vous. A l'époque nous affrontions une grosse équipe avec de bons résultats, qui avait l'obligation, pour croire encore à la victoire finale, de faire un résultat chez nous après avoir perdu en Angleterre (NDLR : 9-17 à Twickenham). Malheureusement pour eux, nous avons sorti le match parfait, que ce soit défensivement ou offensivement. Mieux, nous y avons cru, et c'est comme ça que l'Italie peut gagner. Cela avait été rude, ça s'est joué au mental, et ce jour-là, nous étions au-dessus d'eux à ce niveau.




- Cela confirme l'incessante progression du rugby transalpin… est-ce votre avis ?

Oui, mais que ce soit techniquement ou physiquement, je pense sincèrement que nous sommes au niveau. C'est au niveau mental que nous devons réaliser un grand pas. On n'y croit pas, ou du moins pas assez. C'est rageant, car quand on y croit, les résultats viennent…




- Que vous manque-t-il alors pour y croire ? Plus de victoires comme celles-ci ?

Oui, bien sûr, mais paradoxalement si on y croit, d'autres viendront. Avant de penser à cela, il faut que nous fassions nous–même un travail collectif, pour être plus confiants sur le terrain, nous comporter en véritable équipe.




- L'arrivée de Jacques Brunel aux commandes, lui qui a été entraîneur adjoint de Bernard Laporte, un homme de caractère, et surtout manager de l'USAP, une équipe à fort caractère, peut-elle le permettre ?

Quand on change d'entraîneur, on espère toujours qu'il sera meilleur que le précédent, alors on va espérer qu'il nous permette de franchir un nouveau palier, celui-ci en l'occurrence. Après, comme pour Philippe Saint-André, je ne connais pas Jacques Brunel beaucoup plus, mais il m'a laissé une excellente impression la première fois que nous nous sommes rencontrés. Il sait ce qu'il veut, il connait tous les joueurs, et veut surtout, contrairement à ce que nous avons pu connaitre par le passé, créer un réel équilibre entre les avants et les trois-quarts.

Nous avons toujours eu un gros pack, et nous avions tendance à nous reposer sur lui. Lui, veut faire des arrières une nouvelle arme. Un match, ça se gagne à 15 ! De plus, de nombreux jeunes éclosent, notamment derrière, c'est très bien car il va y avoir une concurrence accrue, et j'espère que cela nous permettra de hausser notre niveau.




- Concrètement, une page s'est tournée avec le départ de Nick Mallett, une autre va s'écrire. Quels sont les objectifs transalpins pour ce Tournoi ?

C'est compliqué, car comme nous nous sommes tous plus ou moins préparés séparément, donc c'est difficile de se projeter. L'ambition sera d'essayer d'être les plus compétitifs possible, et donc de remporter le plus de matchs possible. Mais nous n'allons pas pour autant nous imposer de nombre précis de victoires, nous prendrons les matchs les uns après les autres, nous verrons bien.




- Et ce match d'ouverture au Stade de France contre les Bleus ?

C'est forcément un match plus particulier que les autres, plus sentimental. Comme je le disais, c'est face à nos « cousins », au Stade de France, une enceinte que beaucoup de joueurs italiens connaissent… ce sera un beau moment. Après, sportivement aussi ce sera particulier. Il y aura deux nouveaux staffs, des nouveaux joueurs, nous avons gagné l'an passé, la France voudra oublier, et nous, battre les vice-champions du monde… les enjeux sont multiples.




- Un pronostic sur la compétition ? Sur le vainqueur ? La place de l'Italie ?

Non. Beaucoup de staffs ont changé, les effectifs ont été remodelés, donc tout le monde voudra trouver sa place… pour l'Italie, on fera les comptes à la fin.




- Un petit mot pour les Français, que vous connaissez bien et que vous allez jouer ce week-end ?

Je préfère réserver mes mots à l'équipe d'Italie. Il faudra y croire et ne rien lâcher !

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