Publié le 14/05/2010

Après la percée de David Skrela, amenant l'essai de Nicolas Bézy, les Toulousains prirent les commandes du match et pensèrent longtemps avoir fait le plus difficile.
Avant la rencontre, la question du rythme et de la fraîcheur était dans toutes les têtes… les Toulousains, qui enchainent les rendez-vous de haute volée depuis plusieurs semaines étaient assurément dans le rythme de la compétition, mais l'on pouvait craindre un certain manque de fraîcheur… à l'inverse de Catalans, qui bénéficiaient à coup sûr d'une grosse fraîcheur, ayant terminé premier de la phase régulière et assuré de quelques semaines de préparation, mais qui devraient surement manquer de rythme…
Or le début de match était justement très rythmé, et les deux formations se rendaient coup pour coup. A l'image du jeune Bézy (20 ans), titularisé à la mêlée et apparemment décomplexé, Toulouse se lançait dans un jeu qu'il maîtrisait bien, et prenait les Catalans en contre pour s'installer en tête. Sur un ballon de récupération sur leur propre 22 mètres, les Toulousains se mettaient sur orbite, dans le sillage de David Skrela filant sur la touche, fixant l'arrière catalan pour servir Bézy intérieur qui plongeait sous les perches.
Piqués au vif, les Catalans réagissaient immédiatement et obtenaient une bonne pénalité, que Porical transformait pour remettre l'USAP sur les bons rails, 7-3, puis 7-6. Le classique jeu du chat et de la souris débutait alors. Toulouse reprenant 4 longueurs d'avance, 10-6, avant deux coups de pieds, un de chaque côté, pour porter le score à 13-9 au terme d'une première mi-temps de haute volée, marquée par quelques fautes, mais éclairée par les intentions de jeu des deux formations.
Nikola Karabatic, consultant exclusif de LNR.FR : « C'est un bon match, avec beaucoup d'engagement… Dès le début du match, les deux équipes ont montré qu'elles étaient bien présentes, et notamment Toulouse avec le jeune Bézy, qui paraissait assez décomplexé, et ce malgré l'enjeu énorme.
Il y a eu de belles phases de jeu, avec plusieurs percées impressionnantes, comme certains plaquages qui ont du faire du bruit en bas. Mais ça reste très serré, on aurait pu croire que Toulouse s'était installé avec son superbe contre conclu justement par le jeune Bézy, mais Perpignan a réagit de suite pour recoller. Il ne leur manque pas grand-chose, on les a vu percer deux ou trois fois, c'est dommage que la dernière passe n'arrive pas. »
C'était une bonne mi-temps, très belle à voir, je me suis régalé. Les deux équipes ont envie de jouer, malgré l'enjeu. Ca va vite, en défense, ils y vont, c'est ça qui est beau en rugby, les chocs sont violents et les mecs se relèvent pour y retourner. »

Mais en bon champion, l'USAP reprit les devants, notamment grâce à des avants conquérants…
Comme un rappel, l'USAP abordait cette deuxième période en champion qu'il est, et avec Porical à la baguette, d'un maître coup de pied de plus de 50 mètres ramenait les Sang et Or à une longueur des Stadistes. Le jeu devenait plus haché, les Toulousains voulant conserver leur avantage, les Catalans voulant faire leur retard. Mais ces derniers, à nouveau par l'intermédiaire de leur arrière, passaient trois nouveaux points pour passer devant au score pour la première fois du match… aux abords de la 50ème minute.
Installés en tête, les Usapistes tenaient la balle, géraient le match, se montraient dangereux, mais ne concrétisaient pas. Mais maintenant les Toulousains dans leur camp, ils pouvaient maîtriser leur sujet, et même le pousser à la faute. Et encore de plus de 50 mètres, Jérôme Porical permettait aux siens de prendre le large pour mener 18-13 après l'heure de jeu. Incapable de sortir de leur camp, les Toulousains se lançaient toutefois à l'abordage de la ligne de défense Jaune et Rouge, souvent à perte, mais à moins de 10 minutes du terme de la rencontre, ils firent frissonner le peuple catalan.
D'abord par une offensive dans le plus pur style toulousain, portant le ballon sur les 22 mètres de Catalans devant se mettre à la faute pour endiguer la marée Noire et Rouge. Ensuite, sur la mêlée qui suivit, par un interminable temps de jeu, en balayant le terrain de la droite vers la gauche, avant de revenir sur la droite et d'envoyer Louis Picamoles en percussion sur le poteau de coin… mais une mauvaise transmission et un plongeon sanctionnaient les hommes de Guy Novès, qui disaient surement adieu à la finale sur cette action.
D'autant que Jérôme Porical, inscrivait un troisième coup de pied de plus de 50 mètres pour enfoncer le clou et porter le score à 21-13 à moins de deux minutes de la fin du match. Un dernier baroud d'honneur des Toulousains mettaient un terme à la rencontre, portant les Catalans vers leur deuxième finale de TOP 14 Orange consécutive. La fraîcheur physique de l'USAP aura sûrement penché dans la balance lors de cette deuxième période, à moins que les Toulousains n'aient déjà la tête tournée vers le Stade de France et le Biarritz Olympique qu'il retrouveront en finale de HCup.
Nikola Karabatic, consultant exclusif de LNR.FR : « L'USAP a bien reprit la main, tout s'est passé du côté de l'en-but toulousain. Les Toulousains ne sont pas allés souvent dans le camp catalan. Mais c'est dommage, comme en première mi-temps ils ont eu plusieurs occasions, notamment une où ils étaient en surnombre, et la balle n'est pas arrivée.
Ils ont raté beaucoup d'occasion d'essais, mais ils ont eu de la réussite au pied donc c'est passé. Il faut féliciter Jérôme Porical, car il met tout de même tous les points de l'équipe, et notamment trois pénalités de plus de 50mètres, chapeau !
On a vu que la fraîcheur des Catalans a tout de même pesé dans la balance, car ils ont dominé le deuxième acte. Les Toulousains ont été maintenus dans leur camp et ne sont pas procuré beaucoup d'actions. Mais il faut leur dire bravo aussi car ils n'ont pas démérité. Mais on voit qu'avec l'intensité des matchs, il est très difficile de jouer sur les deux tableaux. »

… et à un jeu au pied performant, à l'image de Jérôme Porical, auteur de trois pénalités de plus de 50 mètres
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