Publié le 22/12/2010
Didier Nourault :
« Pour moi, il n'y a pas de révélation dans ce début de championnat. Il y a, en revanche, des joueurs qui sont arrivés à maturité, qui s'affirment et confirment les attentes qu'on avait pour eux. Je pense notamment à l'arrière toulousain Maxime Médard, et aux Montpelliérains Fulgence Ouedrago et François Trinh Duc. Mais aussi au demi de mêlée clermontois Morgan Parra, à l'arrière catalan Jérome Porical…
Ce ne sont plus des espoirs mais des joueurs aptes à confirmer le bien qu'on pensait d'eux. Quant à la jeune génération, ils sont un peu plus tendres. On ressent un manque de régularité, qui reste tout à fait logique. Ils sont capables de sortir un gros match contre une grosse écurie, puis de manquer de professionnalisme dans les matchs à moindre enjeu. Mais cette rigueur, cette discipline s'acquièrent avec l'expérience. Aujourd'hui, le niveau des joueurs à tendance à s'homogénéiser grâce au travail des Centres de formations et à l'ensemble des staffs des équipes premières. Le niveau ainsi s'élève, et il y a moins d'écart. C'est d'ailleurs pourquoi les matchs sont toujours plus difficiles.
A noter que des joueurs demeurent essentiels au sein d'un effectif : les Toulonnais Wilikinson/Van Niekerk, les Racingmen Chabal/Nallet, les Toulousains Servat/Kelleher/Jauzion… »
1- Un championnat serré
Didier Nourault :
« Le classement démontre à quel point le championnat français est très disputé. Clermont et Perpignan, respectivement 7e et 10e du championnat, tardent un peu à trouver leur rythme de croisière. Ils ont tout intérêt à faire une bonne entame de deuxième partie de saison s'ils veulent figurer parmi les 6 premiers en fin d'année. En bas, la lutte se fera à 4 (Agen, La Rochelle, Brive, Bourgoin), ce qui est synonyme également de gros duel. On observe donc un championnat à deux vitesses : le haut et même milieu du tableau, et le bas du classement. La surprise de cette fin d'année 2010 est probablement Montpellier qu'on n'attendait pas aussi haut dans le classement. Ils ont certes le potentiel pour figurer parmi les 6 premiers, mais être le dauphin de Toulouse est une belle surprise. Quant à Castres qui est actuellement 6e, ce n'est pas décevant, même s'ils avaient fini en tête du championnat l'an passé. C'est tout simplement lié à la difficulté du TOP 14 Orange, et de ce fait les leaders changent. La seule équipe que l'on peut considérer comme ayant de la marge, est Toulouse. L'effectif des champions d'Europe en titre, permet de jouer sur les deux tableaux (TOP 14 Orange et HCup). C'est d'ailleurs la gestion de l'effectif et la régularité qui restent les aspects primordiaux pour espérer faire un gros résultat et remporter un titre ».
2- Les bonus
Didier Nourault :
« Les bonus sont une bonne initiative pour pimenter le jeu. En effet, on observe que chaque équipe se bat désormais pour obtenir le bonus, qu'il soit offensif ou défensif. C'est un facteur ajouté au spectacle. Tout cela est lié à l'évolution des acteurs du jeu : les joueurs, le staff mais aussi les arbitres ».
3- L'attaque et la défense
Didier Nourault :
« Les matchs sont de très haut niveau. Le temps de jeu effectif augmente de plus en plus. Les systèmes sont peaufinés, et on observe plus d'initiatives, de gestes techniques de la part des joueurs. C'est un championnat très riche qui produit plus de jeu, qui marque plus d'essais. Il y a donc plus de spectacle et c'est ce qui plait aux foules ».
4- Le spectacle
Didier Nourault :
..« Le championnat rassemble de plus en plus de monde parce qu'il a su s'adapter aux attentes des spectateurs : plus de moyens, plus de jeux, plus de spectacle. On est sur la bonne voie. De même que les matchs délocalisés sont une merveilleuse initiative pour le rugby et pour le sport en général. C'est fabuleux de pouvoir aller jouer au Camp Nou de Barcelone ou dans des stades où l'on peut accueillir, 40.000, 60.000 et même 80.000 spectateurs. L'idéal, à terme, serait que cette initiative soit proposée à tous les clubs, même ceux dont le budget est un peu plus restreint. Il faut toutefois garder en tête les valeurs éthiques du rugby qui sont représentées lors des matchs par une ambiance folle, mais aussi une atmosphère sereine. »