Publié le 28/05/2011

Depuis longtemps ils assuraient être sur leur nuage et qu'ils n'avaient pas atterri… depuis longtemps ils serinaient qu'ils ne devaient pas être là… depuis longtemps ils savourent ce bonus continuel qui les touche… force est de constater que la magie opère toujours, et que le vol du MHR vers le Stade de France se prolonge toujours sans trop de turbulences. En ce samedi 28 Mai 2011, dans le mythique stade Vélodrome de Marseille, une indication avait pourtant été donnée par les cadets du club héraultais, vainqueur du Challenge Gauderman face à Lyon (16-9). La fête était montpelliéraine en milieu d'après midi, et devait obligatoirement se prolonger en fin de journée.
Sur le terrain, les joueurs ont tout fait pour, dans une rencontre où le jeu fut à l'honneur. Systématiquement dangereux au large lors du premier acte, le MHR dût d'abord faire jeu égal avec des Franciliens toujours réalistes et même en supériorité numérique, suite à l'exclusion temporaire de Rofes sur mauvais geste au quart d'heure de jeu. Ce tournant du match parfaitement abordé, avec un score de parité 6-6, les Héraultais pouvaient alors laisser leur fougue exploser. Alors que la première demi-heure fut très contrastée, chaque équipe ayant des temps forts et des temps faibles, les dix dernières minutes furent tout à l'avantage de Montpellier. Un seul essai de Gorgodze récompensa les efforts fournis, mais plusieurs auraient pu être inscrits, notamment par Ouedraogo intenable, qui échouait à un mètre de l'en-but francilien.
Peu importe, c'est en tête que les hommes de Fabien Galthié et Eric Béchu viraient à la pause, 13-6, avant d'appuyer sur l'accélérateur. Pris à la gorge à la fin du dernier acte, les Franciliens voyaient l'étreinte de leurs adversaires s'intensifier encore un peu plus à l'entame du deuxième. A la réception du coup d'envoi, un énième cafouillage offrait un la balle à Trinh-Duc qui, dans les 22 mètres envoyait Fernandez marquer en coin. La transformation réussie permettait au club héraultais de prendre le large 20-6. Puis 23-6 sur une nouvelle pénalité de Bustos Moyano. Avec 17 longueurs d'avance et moins d'une demi heure à jouer, les Méditerranéens pouvaient entrevoir la fin du match sereinement…
Pourtant, ce coup de pied du buteur argentin provoqua la révolte de Franciliens jusque là sans réussite. A partir de ce moment, la furia des joueurs de Pierre Berb izier fit plier les Montpelliérains jusque dans les toutes dernières minutes de la partie. D'abord par essai de Bobo à la 52ème, consécutif à un exploit de Fall déchirant la défense adverse sur 70 Mètres (sur l'action, Trinh-Duc, auteur d'un plaquage cathédrale sur l'arrière parisien sortait 10 minutes, et favorisait ainsi le retour des adversaires à la marque). Par Wisniewski ensuite à la 62ème, prenant intérieur pour plonger dans l'en-but après une grosse séquence ciel et blanche. Par Qovu enfin, à la 75ème, qui, plaqué, parvenait à étendre son mètre quatre vingt seize pour poser le ballon en terre promise. Les deux transformations de Winsiewski permettaient aux Parisiens de passer en tête pour la première fois depuis la 33ème, et d'aborder la fin du match avec un avantage psychologique certain.
Insuffisant toute fois face à l'admirable état d'esprit héraultais, qui fit des merveilles toute la saison, qui fut confirmé à Castres lors du barrage, et qui fut à nouveau exemplaire aujourd'hui. Plutôt que de flancher après cette remontée fantastique de leur adversaire, comme le Racing-Métro 92 trente minutes plus tôt, ils s'en servirent pour repartir de l'avant, arracher une nouvelle pénalité et permettre à Bustos Moyano de leur redonner l'avantage 26-25. Comme à Pierre Antoine face au CO quinze jours plus tôt, un seul petit point aura provoqué le plus grand des bonheurs. Malgré un dernier assaut francilien et un drop manqué de Wisniewski après la sirène, la délivrance et un nouvel exploit venait récompenser un groupe de « cadets » comme ils aiment à se présenter, tant leur joie de vivre ces évènements est communicative et démesurée.
Première qualification en phases finales, et du coup première participation à la HCup pour la saison prochaine… premier match de barrage… première demi-finale… première finale… c'est la saison des premières pour ce club qui a su se construire sereinement dans la durée. Une autre première, immense, pourrait venir clôturer un parcours mérité, mais tout de même extraordinaire. Comme depuis leur qualification, ils prendront cette finale comme du bonus, et la joueront libérés, et donc d'autant plus dangereux. Toulouse est donc prévenu, et en grand habitué de cet évènement, saura se préparer à affronter cet irrésistible MHR. Mais si l'expérience manquera dans les rangs héraultais, la fougue des joueurs mêlée à l'expérience de Fabien Galthié, habitué lui a ces rencontres au sommet, pourrait à nouveau faire des étincelles.