Publié le 22/08/2012
Promu l'an passé en première division, l'UBB ne partait pas avec les faveurs des pronostics. Beaucoup prédisaient même les pires difficultés aux Girondins en vue du maintien. Mais en mai 2012, et après 26 journées de combats, ils arrachaient le droit de rester dans l'élite et de repartir pour une nouvelle campagne, où ils seraient forcément attendus au tournant. Force est de constater qu'ils sont effectivement attendus, et bien attendus, et qu'au terme de cette défaite inaugurale à domicile face Grenoble, champion de PRO D2 en titre, c'est un mauvais départ. En tout cas en termes de résultat. Car si le score ne fut pas en leur faveur, ils montrèrent de très belles choses.
Très joueurs, les hommes de Vincent Etcheto donnèrent pas mal de fil à retordre à la défense iséroise, mais trop maladroits, ne concrétisaient pas au score comme cela aurait dû être le cas. Le mal est fait et il va falloir relever la tête pour la venue de Perpignan, lui aussi défait dans son antre en ouverture. Egalement très joueurs, les Catalans ne purent jamais transpercer un rideau défensif toulonnais intraitable. C'est donc avec l'envie d'effacer cette mauvaise entame qu'ils se déplaceront, même si le souvenir de leur dernier déplacement n'est pas l'un des meilleurs (défaite 29-37 la saison passée). A noter que Marc Delpoux, passé de l'UBB à l'USAP à l'intersaison aura forcément un rôle central dans cette confrontation, reste à savoir s'il saura mener ses nouvelles couleurs au succès face à ses anciens protégés.
Le match de la saison passée :
A l'image de la saison précédente qui les avait portée jusqu'en finale au Stade de France, une belle agressivité et une défense de fer seront des atouts prisés par les méditerranéens cette année. Plus sanctionnés, moins joueurs, moins efficaces en conquête, ils ont tout de même dominé des Catalans animés par de belles intentions. Et lorsque l'on sait que de nombreux joueurs n'étaient soit pas alignés d'entrée (Bastareaud, Durand, Jenkins…), soit absents (Michalak, Fernandez-Lobbe, Lapeyre), on peut mesurer l'ampleur des capacités de cette équipe plus que renforcée à l'intersaison. Les nouveaux se sont parfaitement intégrés dans le groupe à l'image des Sheridan, Masoe, Mermoz ou Armitage, et les anciens, parfaitement incarnés par la prestation cinq étoiles de Wilkinson répondent toujours présent.
Preuve que cette équipe n'est pas vice-championne de France par hasard, et qu'elle visera à coup sûr plus haut cette fois-ci. Reste à confirmer ces dispositions, voire faire mieux, à commencer par ce week-end à Colombes face à un adversaire toujours délicat. Avec une seule victoire en trois déplacements, les joueurs de la Rade peuvent l'attester, mais ceux d'Agen, vaincus le week-end dernier, aussi, eux qui ont pourtant attaqué la rencontre tambour battant, avant de voir des Franciliens, faire le dos rond pour d'abord revenir puis passer devant et porter l'estocade par Germain, sur pénalité, de 60 mètres. Les joueurs de Gonzalo Quesada voudront faire la passe de deux pour déjà se placer dans le premier tiers d'un championnat où le moindre point perdu se paiera cash.
Le match de la saison passée :
Certes, un seul match a été disputé, mais la situation qui devrait se prolonger quelques temps encore à Montpellier fait dangereusement penser au dernier début de saison du MHR. En 2011, amputés de leurs internationaux partis disputer la Coupe du Monde, les Héraultais avaient souffert pour entrer dans le championnat, occupant même les dernières places durant de longues semaines. Cette fois-ci, les Argentins, partis jouer le Four Series pour la première fois de leur histoire, et les absences de nombreux joueurs poussent le MHR à connaître à nouveau de gros problèmes. Cela dit, l'an passé, à force de courage et de travail, Montpellier avait été barragiste… là, il n'y a qu'une défaite au compteur, et si la mire était de suite réglée, ils pourraient bien viser plus haut…
Il faudra pour cela rectifier le tir dès ce week-end, et cela ne s'annonce pas de tout repos. En effet, ce n'est ni plus ni moins que Clermont qui se présentera sur la pelouse d'Yves-du-Manoir, et avec lui, son cortège de stars, de maîtrise, et d'expérience. Nouvelle preuve criante, la sortie inaugurale des Jaunards à Bayonne, face à un Aviron gonflé à bloc à l'idée de se faire pardonner son exercice 2011-2012 catastrophique. Mis sous la pression bayonnaise, jouant en infériorité numérique (à 13 contre 15 dans les derniers instants), ce sont pourtant eux qui sont sortis victorieux de la bataille de Jean-Dauger. Avec une troisième ligne de gala (Lapandry, Bardy, Chouly), un Chouly, intraitable dans les airs, un Parra toujours aussi précieux… l'ASM a déjà montré qu'il était prêt. Méfiance, car depuis que le MHR joue les premiers rôles depuis trois saisons, Clermont ne s'est plus imposé dans l'Hérault !
Le match de la saison passée :
Double tenant du titre, c'est avec difficulté que le Stade toulousain a retrouvé son jardin. Malmenés par des Castrais tout proches de l'exploit, c'est au forceps et face au vent que les Rouge et Noir ont fait leur retard pour, sur un essai de l'inévitable Matanavou, arracher une victoire au combien précieuse. Toulouse a prouvé que seul son talent ne suffisait pas toujours pour l'emporter, mais a, et c'est bien là l'essentiel, su mettre de côté ses inspirations géniales pour faire du plus classique mais du tout aussi efficace. Mais exit l'indiscipline et les approximations de la première journée, place à la maîtrise souhaité par Guy Novès et à la réussite.
La venue des Montois, vainqueurs des phases finales d'accession l'an passé semble sur le papier l'occasion idéale d'y parvenir. La première sortie des Landais pour leur retour dans l'élite, à Biarritz, semble le confirmer. Si jamais ils ne baissèrent les bras, la supériorité biarrote ne fut jamais remise en cause, facilitée même par l'indiscipline des Jaune et Noir, sanctionnés par trois cartons en 10 minutes, jouant 20 minutes en infériorité, 10 à 14, 10 à 13… Hors de question de reproduire pareille prestation dans la Ville Rose au risque de se voir lourdement, très lourdement sanctionnés au score. Il faudra savoir se discipliner, mais jouer son va-tout, car les hommes de Marc Dantin et Stéphane Prosper n'ont rien à perdre, au contraire ! De là à rêver de devenir les premiers Montois à s'imposer à Toulouse depuis plus de 50 ans…
Depuis trois saisons, le CO est petit à petit revenu sur le devant de la scène rugbystique, atteignant les barrages à deux reprises, les demi-finales la saison passée. Dans l'ombre de son ogre de voisin, Castres a repris du poil de la bête, et c'est justement face au Stade toulousain, qui l'avait éliminé aux portes de la finale, que les Tarnais avaient rendez-vous pour la première journée. Et si le CO ne s'est plus imposé dans la Ville Rose depuis la saison 1978-1979 (victoire 15-12), le club semblait depuis quelques temps donner de plus en plus de fil à retordre à son illustre voisin. Cette année, les hommes du duo Labit – travers ont bien cru toucher le rêve de s'imposer des doigts. Ont cru… seulement. Au terme du match, Laurent Labit disait qu'il avait des regrets, et craignait d'en avoir encore plus au regard des images… ce qui est sûr, c'est qu'il ne voudra pas en avoir d'autres au terme de la deuxième journée.
A condition toutefois de venir à bout de Grenoble, champion de France de PRO D2 en titre, et victorieux de l'UBB en Gironde pour son retour dans l'élite. Même si les Isérois peuvent remercier les adversaires de leurs largesses offensives, manquant de nombreuses occasions de scorer, ils peuvent surtout se féliciter d'avoir su concrétiser les leurs, d'afficher une belle solidité et une belle maîtrise, et surtout d'avoir respecter à la lettre la tactique mise en place par leur technicien, Fabrice Landreau, plus que rompu aux joutes de l'élite. Avec des joueurs d'expérience et des jeunes de talent, le FCG espère bien surfer sur la vague de ce premier succès et de connaître d'autre joies de ce calibre. Il faudra cependant faire sûrement plus ce week-end, car les Tarnais devraient à coup sûr être moins maladroits que leurs homologues girondins et prouver leur solidité à domicile, avec une seule défaite en deux ans (19-23 la saison passée ace au Racing-Métro 92).
Sauvés sur le gong la saison passée, les Bayonnais et leur nouveau duo d'entraîneurs, Christian Lanta et Christophe Deylaud avaient à cœur de repartir sur les chapeaux de roues pour cette saison 2012-2013… raté ! Forts d'une grosse entame de match, et d'une deuxième période passée à harceler les Clermontois, les Basques n'ont, même en supériorité numérique à 15 contre 13 durant les dernières minutes, su s'imposer. Avec certes beaucoup d'envie mais faisant preuve de trop peu d'alternance, les Ciel et Blanc ont toujours été contenus par les Clermontois, et de fait, ont manqué leur entrée dans la compétition. Par chance, ils ont pour la deuxième journée, une nouvelle occasion de briller à domicile. A condition toutefois fois de mettre fin à leur stérilité offensive…
Pas facile pour autant, car c'est face à un adversaire en pleine forme qu'ils vont croiser le fer. Il parait évident que le périple sud-américain des Parisiens en Argentine (avec notamment deux matches face aux Pumas) a fait énormément de bien aux Stadistes. Inspirés offensivement, solides défensivement, ils ont, dans le sillage d'un impeccable Jérôme Porical, tant au pied qu'à la main, frappé fort d'entrée. Reste à confirmer ces belles dispositions, car la saison passée, les rencontres disputées dans leur antre étaient régulièrement bien négociées, beaucoup moins loin de leurs bases. Et lorsque l'on sait que les Parisiens ne se sont plus imposés depuis trois saisons à Jean-Dauger !
Une entame explosive, une fin de rencontre tout aussi efficace, et entre les deux, de la maîtrise malgré encore pas mal d'imperfection. Peu importe, en signant une victoire bonifiée, même sur le fil, le BO s'est installé en tête du championnat, un honneur après avoir disputé le maintien la saison passée, et connut des saisons quelques peu compliquées ces dernières saisons. Mais le plus dur reste à faire. Car si le club basque pointe aujourd'hui en tête du championnat (un vieux souvenir pour lui), le tout est d'y rester. Et pour cela, si les succès à Aguilera seront fort appréciés, il faudra également être performant à l'extérieur.
Le déplacement à Agen est en l'état un test idéal. Face à un adversaire toujours délicat à bouger, et qui plus est revanchard après son revers inaugural dans son antre, la tâche ne s'annonce pas simple. Les Basques ont les qualités pour y parvenir, mais avec seulement deux succès à Armandie depuis l'après-guerre, n'en n'ont pas fait une destination très prisée. Ils tenteront de se rappeler au bon souvenir des saisons 96-97 (succès 25-15) et 59-60 (victoire 8-0) pour s'imposer. Les Lot-et-Garonnais, qui n'ont pas su maîtriser leur rugby pour signer leur premier succès de la saison face au Racing-Métro 92, tenteront de faire preuve de plus d'expérience pour ne pas enchainer deux revers de rang à la maison.
Le match de la saison passée :