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SU Agen, le Roi de Pique (2e partie)

Publié le 28/05/2002

par Pierre Lafond




Peu à peu, le Sporting rentre dans le rang et quitte l'avant-scène du championnat même s'il parvient à se qualifier régulièrement. Il faut
attendre 1962 pour le retrouver à l'ultime rendez-vous face au champion sortant, l'AS Biterroise. Dominé dans le premier acte, les demis font la différence
après le repos grâce à l'allegria de leurs lignes arrières qui enflamment la rencontre. Ce titre récompense une formation complète (14-11).




Nouvelle démonstration en 1965 aux dépends du CA Briviste (15-8) après avoir connu les pires tourments pour se défaire de la Voulte en demi-finale (21-14). Doublé
en 1966 avec le titre acquis face à l'US Dacquoise (9-8) au terme d'une finale hideuse, ternie par une kyrielle de mauvais gestes sous les yeux d'un arbitre
dépassé.




Les Lot-et-garonnais, contraints de renouveler une génération doivent attendre 1970 pour goûter de nouveau à une finale, celle du Du Manoir remportée par le RC
Toulonnais (22-25). L'équipe a repris corps et le montre en 1975 bien qu'elle doive à nouveau laisser filer le Challenge au profit d'un Béziers au faîte
de sa gloire (12-16). Il faut dire que le Sporting a du faire face à la blessure de deux avants durant la rencontre.




La saison suivante, Agen, tient sa revanche et l'AS Biterroise est contrainte de lui laisser titre et Bouclier après une rencontre dont le dénouement intervient au terme
d'une prolongation crispante (13-10). Il faut attendre 1982 pour voir le SUA lever de nouveau le Brennus aux dépends de l'Aviron Bayonnais (18-9), bel outsider jouant sa chance
à fond sans arrière-pensée. C'est alors le triomphe du capitaine Dubroca. En 1983, échec en demi-finale mais succès en du Manoir, une fois encore face aux
incorrigibles Toulonnais (29-7).




Les Agenais ne méritaient pas ce sort inique




En ce milieu des années 80, le Sporting dispose d'une belle formation, équilibrée et expérimentée, ce qui lui vaut une nouvelle participation à la
finale face à la traditionnelle AS Biterroise. Cette rencontre est entrée dans l'histoire par son dénouement insolite car à la fin de la prolongation, les deux
formations sont à égalité parfaite (21-21) et ne peuvent être départagées par les essais. Comme le match ne peut être rejoué car le XV de France
part en Nouvelle-Zélande le lendemain, il faut procéder à l'épreuve des tirs aux buts. Scénario complètement inédit et totalement
aléatoire. Les Biterrois empochent le titre par 3 tirs à 1. Les Agenais ne méritaient pas ce sort inique.




Le SUA est à nouveau présent en 1986 pour l'ultime rendez-vous : les Biterrois ayant décliné, c'est le Stade Toulousain en plein essor qui se dresse devant les
Lot-et-garonnais. Il est dit que les finales avec le Sporting sont particulières : cette fois-ci c'est Daniel Dubroca qui avale sa langue et manque de s'asphyxier sur le terrain
à l'affrontement de tous les acteurs. Coupé dans son élan, le Sporting s'incline nettement au terme d'un match moyen (6-16) dans une formation qui compte dans
ses rangs Sella, Berbizier, Delbreil, Erbani, ou encore Dubroca.




1987 : Le Sporting s'incline injustement en demi-finale devant Toulon mais dispute la finale du challenge Du Manoir face au FC Grenoble. Les Alpins s'imposent sans discussion devant des
Agenais dépassés (7-26). Après la première Coupe du monde et sous l'impulsion de Daniel Dubroca, capitaine du XV de France, les Agenais s'adjugent le titre de
1988 face au Stadoceste Tarbais (9-3). à l'issue d'un match décevant. Huitième et dernier Bouclier à ce jour.




Agen est encore présent en finale en 1990 mais le Racing Club de France, qui n'avait plus été à la fête depuis 31 ans, s'empare du titre de champion dans
les prolongations. La dernière participation du SUA à une finale est celle du Challenge du Manoir en 1992 et se solde par une belle victoire face à de coriaces Narbonnais
(23-18). L'étoile agenaise a, depuis, quelque peu pâli, mais ne devrait guère tarder à, de nouveau, briller au firmament du rugby français…



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