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Prairie des Filtres, Toulouse, 26 avril 1903

Publié le 03/02/2004

STADE FRANCAIS 16 - S.O.E. TOULOUSE 8




Les équipes




Stade Français :


M. Chenu, E. Lesieur, F. Ancona, R. Saulnier, G. Beaurin-Gressier, o) H. Amand, m) S. Forsyth, J. Muir (cap.), C. Beaurin-Gressier, M. Barbé, P. Gaudermen, G. Jérome, R. Holbet, A.
Poirier, P. Rousseau.




SOE Toulouse :


F. Jaboubet, A. Pujol Bongras A. Fabregat, Bories, o) Arrascle, m) Gaubain, J. Lagaillarde, G. Huggins, G. Merle, A. Cuillé (cap.), P. Bordreuil, C. Hebray, J. Fischer, J. Cahuzac.




Points


SF : Lesieur, Ancona, Jérôme, Amand, essais ; Muir, 2 transformations.


SOET : Lagaillarde, Fabregat, essais ; Pujol, transformation.




Arbitre : Robert Coulom




La formule du championnat n'avait pas été modifiée, mais la désignation des finalistes suscita des passions et des surprises. Le Racing avait remporté le titre de
Paris et éliminé le Havre A.C. avant d'être disqualifié en raison de la présence irrégulière de son joueur anglais Taylor. Le Stade Français se
retrouva champion de Paris et élimina à son tour le H.A.C. (14-0). Dans la région de la Garonne, le S.O.E.T. à la surprise de tous, élimina le S.B.U.C. (8-3) avant
de récidiver aux dépens du F.C. Lyon, champion de la région du Rhône (3-0).


Le Stade Français eût à subir, en plus du long déplacement, l'absence des frères Mouronval en trois-quarts. Tous deux Polytechniciens, ils n'avaient pas obtenu la
permission de l'autorité militaire. Du côté toulousain, Fabregat, alors étudiant en Montpellier, vit son train retard‚ et arriva au terrain une dizaine de minutes
après le coup d'envoi. Il se mit en tenue au bord de la touche, confia sa montre à un spectateur - qui la lui rendit à l'issue de la rencontre - et se précipita sur le
pré alors que son équipe était déjà menée 0-5. Le Stade Français avait songé un instant à déclarer forfait en raison de la
défection de plusieurs équipiers, mais avait pu faire repousser la finale après Pâques. Le S. O.E.T. était resté quatre semaines sans jouer ni
s'entraîner au vif déplaisir de son capitaine Cuillé : d'où le souille court des Toulousains en face de Parisiens plus en forme, puisque certains d'entre eux
s'étaient rendus en Angleterre avec l'Ecole Albert le Grand lors des fêtes pascales.


Ceux-ci, bien dirigés par l'Ecossais Muir, imposèrent d'entrée leur manière et leur jeu et menaient déjà au repos (11-0). Les locaux réagirent en
seconde mi-temps et inscrivirent deux essais dont un splendide par Fabregat après une course de 60 mêtres. Parmi eux, Cuillé et Pujol, appelés à Paris par leurs
études, allaient rejoindre leurs vainqueurs et disputer avec eux la finale de 1906. Les champions de France comptaient dans leurs rangs deux Ecossais (Muir et Forsyth) et un Mexicain (Ancona).




Encyclopédie du rugby français, P. Lafond & J-P Bodis, éditions Dehedin.

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