Publié le 03/06/2003
Les premières finales du « championnat de France » de rugby, entre 1892 et 1899 sont en fait des finales entre parisiens. Le Stade Français, le Racing, Inter-Nos et
Olympique trustent les présences en finales. Le Stade Français gagne alors trois titres, et fini premier de poule en 1897 et 1898. C'est le club phare de ce XIXe siècle
marqué par la renaissance des Jeux Olympiques sous l'égide du Baron Pierre de Coubertin, arbitre de la première finale en 1892. Il faut attendre 1899 pour que les Sudistes
mettent fin à une hégémonie incontestée du Nord, grâce à une victoire du Stade Bordelais (5-3) aux dépends du Stade Français.
A cette période les Parisiens sont un ogre qui dévore tout sur son passage et rafle 8 titres en 17 ans, soit quasiment un tous les deux ans, et n'est absent de la finale
qu'en 1902 après une défaite face au Racing, autre dévoreur de l'époque. Créé en 1883 par des étudiants du Quartier latin au café
Le Procope, le Stade Français ne fusionnera qu'en 1995 avec le Club athlétique de la Société Générale (devenu depuis le Club athlétique des
sports généraux), créé en 1903, pour donner le Stade Français-CASG. Entre temps le rugby s'est développé sur tout le territoire et Paris ne fait
plus sa loi. S'ensuit une longue période pendant laquelle le Stade Français végète et fusionne avec le RC Courbevoie, puis le CO Sèvres.
Il faut attendre l'arrivée de Max Guazzini, patron de la petite radio à la panthère (NRJ) devenue incontournable chez les ados, pour que le Phénix renaisse de ses
cendres avec la fusion Stade Français-CASG. Aux commandes de l'équipe, un Bernard Laporte fraîchement débarqué de Bègles-Bordeaux. Le club passe alors
deux années en Groupe A2 avant d'accéder à la première division en 1998 et de décrocher un nouveau titre de champion, 90 ans après son dernier Bouclier
de Brennus ! Dans les rangs des Stadistes déjà Dominici, Comba, Mytton, Dominguez, et Auradou qui seront de nouveau à leur poste 5 ans après…
A 120 ans la Vielle Dame se porte bien et aura l'occasion de montrer sa pleine forme retrouvée grâce à Nick Mallett, face à la « Vierge Rouge », le Stade
Toulousain. Toulouse est le club référence du rugby tricolore. Sacré une première fois en 1912 où les Rouges et Noirs terminent invaincu, le club fondé en
1907 fait le triplé en 1922, 1923, et 1924 et s'adjuge 7 couronnes jusqu'en 1947. Ensuite, le Stade disputera deux finales en 1969 et 1980 avant l'émergence
d'une première génération géniale qui compte dans ses rangs un Novès, un Bonneval, un Charvet, un Rougé-Thomas, un Cicagna, un Portolan ou encore un
Santamans et devient un rouleau compresseur.
Après l'ère Béziers, le nombril du rugby français se déplace lentement vers Toulouse et le Stade Toulousain. En 1994 les Toulousains remporte un titre, le
premier d'un quatre à la suite et, en 1996, c'est le doublé Coupe d'Europe-Championnat qui assoit définitivement la main mise toulousaine sur ce sport en
France. Ensuite, entre les deux Stades on assiste à un échange continuel de Boucliers et Toulouse remporte ceux de 1997, 99 et 2001, laissant 98 et 2000 aux parisiens.
Samedi, sur le tapis seront déposés 26 Boucliers de Brennus et toute l'histoire du rugby au moment où Béziers, deuxième club le plus titré et ex-fans
des Seventies et des années 80 descendra en Pro D2. Le temps a passé. Cela fait trois siècles qu'on joue au rugby en France. Le Stade Français a connu 90 années de
disette. Entre 1947 et 1985, le Stade Toulousain n'était plus rien. Le nouveau siècle a deux ans, et, à Saint-Denis, l'un de ces deux rois sera sacré
Empereur…