Publié le 03/06/2011
Fulgence Ouedraogo (troisième ligne et capitaine :)
« Il y a encore une incertitude quant à ma participation, nous déciderons samedi avant le match. C'est une préparation difficile, car je suis un peu à l'écart du groupe, il faut être fort mentalement et se dire qu'on jouera la finale. Il faut avant tout être optimiste, essayer de ne pas trop y penser et ce n'est pas simple… on reçoit beaucoup de message qui partent d'une bonne intention, et beaucoup de sollicitations des journalistes, du coup on y pense très souvent ! Mais le fait d'être là, avec le groupe, fait du bien.
C'est extraordinaire d'être ici. Personne n'imaginait le MHR en finale du championnat cette saison, et celui qui le dit est un menteur. Mais le fait est que nous y sommes, et personne ne nous a donné cette finale, nous sommes allées la chercher seuls. C'est un énorme challenge qui nous attend, l'évènement d'abord est immense, puis l'adversaire est énorme. Il faudra jouer ce match à fond pour ne rien regretter. Quelque soit le résultat, nous devons sortir du terrain la tête haute, car si ce n'est pas le cas, ce serait dramatique pour ce groupe. Nous devons nous donner les moyens d'aller au bout de notre rêve ».
Julien Thomas (demi de mêlée) :
« On est prêts. On a tout remis à zéro en début de semaine, comme on avait fait avant la demi-finale. C'est dur de redescendre de son petit nuage, mais il le faut, et nous avons vraiment réussi à le faire quand nous avons commencé le travail sur l'analyse vidéo du jeu toulousain.
La pression est complètement différente de celle du Vélodrome, car tout le monde nous voit perdants. C'est ça qui fera notre force demain, et l'on va s'appuyer là-dessus. On n'a pas envie de prendre une correction, après tout le parcours réalisé ! Ce match est particulier. On est vraiment le petit poucet qui défie la montagne toulousaine.
Ce matin, le but était, comme pour le Vélodrome, de se familiariser avec la structure et tout ce qui va avec. On s'est amusé en tirant chacun des pénalités. Ça fait du bien de faire les clowns dans des moments comme ceux-là !
Cet après-midi, ce sera repos. On va garder toute notre énergie pour demain, car on en aura bien besoin. Certains vont regarder Roland-Garros à la télé, d'autres iront visiter le Château, je crois qu'il y a même un musée dont Fabien (Galthié, ndlr) nous a parlé. Enfin, je crois que des parties de pétanques seront organisées.
La peur, c'est de passer à côté du match. On n'a pas le droit à l'erreur et on ne peut pas non plus réitérer le même début de match que l'on a fait contre le Racing Métro 92, sinon ça ne passera pas ! On a une maigre chance de remporter le titre, mais il faut la saisir ! On est plein d'enthousiasme et d'envie et c'est ça qui pourra nous permettre de faire quelque chose ! A nous d'être appliqués et concentrés sur ce qui nous réussit le mieux !
Fufu (Ouedraogo ndlr), on prie pour qu'il joue. Il le mérite. Il s'est battu pour disputer cette finale, avec tous ses potes, son club. S'il est là, ça change la donne et ce serait encore plus grandiose ! »
François Trinh-Duc (demi d'ouverture) :
« On se sent très bien. On a vraiment tous très envie d'y être ! L'attente va être un peu longue. Je n'aime pas trop jouer le soir, car l'après-midi, tu tournes en rond en attendant de rentrer dans ton match. On va essayer de tuer le temps cet après-midi, on va tous faire des activités pour rester ensemble. Le collectif est notre force et il se vit sur le terrain mais aussi en dehors !
Je connais le Stade de France et c'est toujours plaisant d'être là. Mais, aujourd'hui, c'est une toute autre histoire, c'est un match avec Montpellier, mon club et l'approche, la pression, la préparation ne sont pas les mêmes !
On n'y pense pas tellement encore. Tout débutera demain, quand le bus arrivera au Stade de France. Personne ne nous voyait là pour ces phases finales, c'était pareil pour les demies et encore pareil pour la finale. Donc déjà, on a prouvé qu'on était des grands par rapport à ça. Ensuite, on verra la fin de l'histoire demain. »







Eric Béchu (entraîneur) :
« Le groupe va bien. On a eu un confort de travail tout au long de la semaine et depuis notre arrivée aussi. On est très bien installés, on se concentre sur notre tâche. On a gardé le même système de fonctionnement, et c'est très utile de venir prendre la température le matin d'avant.
En ce qui concerne Fufu (Ouedraogo, ndlr), on attend le dernier moment. On va prendre le temps, mais soit il rentrera titulaire soit il ne jouera pas. Maintenant, depuis le début de la semaine, ça évolue, mais c'est difficile de prévoir. Moi, je reste quand même confiant, je suis un éternel optimiste. Jusqu'à preuve du contraire, on espère qu'il va jouer. Le cas inverse serait terrible pour lui, pour le groupe mais comme je le redis pour lui ce serait une catastrophe. Quoiqu'il en soit on ne joue pas à créer du suspens avec ça, c'est un sujet trop important pour ça !
Le groupe gère bien la pression. Je ne peux pas vous dire comment ils seront une fois que toutes les étagères du Stade de France seront remplies !
Personnellement, c'est ma sixième finale, car il ne faut pas oublier les trois en Fédérale 1, elles comptent beaucoup pour moi. Mais, celle-ci au Stade de France, est incroyable.
On a peur de prendre une rouste. Toute équipe, en finale, est capable de prendre une dérouillée au Stade de France. je me souviens d'ailleurs, d'une défaite toulousaine sur un score sévère 40-13 contre le BO. Donc vous voyez, même à eux, ça leur est arrivé ! C'est tellement grand, que tu peux passer à côté. On va tout faire pour ne pas prendre trois coups gagnants en dix minutes.
Notre peine peut-être à la mesure de notre joie. Quand tu perds, ça pique toujours beaucoup ! Alors une finale, n'en parlons pas. On a essayé de se préparer à tout, on a évoqué ensemble tous les scénari possibles. »
Fabien Rofes (talonneur) :
« C'est génial d'être ici ! C'était tellement inespéré en début de saison ! le Stade est magique, on s'en rend vraiment compte qu'une fois que l'on est sur le terrain. Même les tribunes vides sont incroyables et tout ce qu'il y a dessous… on ne l'imaginait même pas. Il y a vraiment plein de petits trucs sympas à découvrir. Fabien (Galthié, ndlr), François (Trinh-Duc, ndlr) et Fufu (Ouedraogo, ndlr) nous en avaient parlé un petit peu. Même si en tant que supporter parisien, j'aurais préféré jouer au Parc des Princes !
Aujourd'hui, c'était notre journée touristique. On a pris les empruntes. Ça semble anodin comme ça, mais c'est tout le contraire. C'est des moments, dont on a besoin, nous, joueurs ! Et on l'a bien compris pour la demi-finale. Maintenant, on sait vraiment à quoi ça sert ! ».
Martin Bustos Moyano (ailier) :
« C'est vraiment énorme d'être ici. C'est ma première finale et là jouer au Stade de France, je n'en reviens pas ! C'est encore plus grand que le Vélodrome, encore plus impressionnant.
J'ai remarqué que c'était différent de buter ici. Il n'y a pas l'air qui tourbillonne comme à Marseille. Le Stade est beaucoup plus fermé. La pression de butter sera aussi différente, on verra bien…
Demain soir, en finale, la pression ne sera pas pour nous. Elle sera du côté toulousain car c'est eux qui doivent à tout prix gagner, nous on est déjà tellement contents d'être là, de s'entrainer ici aujourd'hui.
J'ai un tee particulier pour buter. C'est mon père qui me l'a construit, je ne sais même pas comment. Ce que je sais, c'est que depuis tout petit je m'entraine avec cela. Et au cas où je le perde, j'en ai un autre. »
Fabien Galthié (entraineur :
« Pour ce qui concerne Fufu (Ouedraogo, ndlr), on prendra la décision demain, au moment de l'échauffement. J'espère pour lui qui jouera. J'ai connu ça et je sais à quel point c'est dur de ne pas jouer une finale !de toute évidence c'est un gros souci pour le groupe, mais bon il n'y a pas que celui-là à gérer, il y a le Stade Toulousain.
C'est trop fort d'être là. Je nous revoie encore rentrer dans le Stade de France avec le bus de Montpellier. C'est merveilleux ! Quel chemin parcouru en si peu de temps !
Bien sûr que nous sommes euphoriques, c'est humain, avec tout ce qu'il nous arrive ! Mais il faut aussi savoir lâcher ce qu'on ressent, pour redescendre un peu. Mais, comme je le dis à tous, la vie est belle, et il faut profiter de chaque moment. Surtout quand tu viens au Stade de France pour jouer. Après, on verra ce qu'il arrivera. »