Publié le 10/02/2003
-A 81 ans, quel souvenir vous reste-t-il du 24 février 1921 lorsque vous avez battu l'Angleterre à Twickenham 11-3 ?
Il me reste peu d'images du match. Je revois juste mon crochet avant de passer le dernier défenseur anglais (Edwin Hewitt, NDLR), me disant que j'étais plus costaud que lui
et que donc je pouvais tenter le passage en force. C'était une victoire simple, nous n'avions pas la pression qui existe aujourd'hui avec la presse ou d'autres enjeux.
Après cette victoire, nous avons bu du champagne à l'hôtel puis nous sommes rentrés chez nous tranquillement. On était décontractés…
-Où jouiez vous à l'époque ?
A Agen. J'ai 63 ans de SU Agen derrière moi. Soit en tant que joueur, soit comme dirigeant. Aujourd'hui encore j'y passe de temps en temps et je reste membre du Conseil
d'administration du club. Mais je ne parle pas de rugby avec eux, je ne veux pas les gêner. Ils savent ce qu'ils ont à faire.
-Suivez-vous régulièrement le rugby ?
Bien sûr ! Vous savez, je suis handicapé, je me déplace avec deux béquilles. Aussi me rendre sur les stades est très difficile mais la télévision est
un bon ersatz de match. Je suis très heureux de suivre les commentaires de messieurs Philippe Sella et Eric Bayle. Ils connaissent très bien le rugby et Sella est un grand monsieur. Un
homme admirable…Samedi je serai devant mon poste de TV, il n'y a pas de problème, je ne demande que ça d'ailleurs !
-Les matchs entre la France et l'Angleterre sont particuliers…
Il est toujours très difficile de gagner chez les Anglais, comme les chez Gallois d'ailleurs. Ils ont un moral à tout casser et savent rester très corrects. Ils nous
craignent car nous avons un jeu très complet. Il sera possible de gagner mais ce ne sera pas chose aisée. A notre époque, les arbitres étaient tous britanniques,
c'était encore plus difficile ! (Rires)
Avec Fabien Galthié et les joueurs autour, ils ont des chances de passer, mais cela va dépendre de beaucoup de choses. Il nous faut faire un bon début de match. Si on arrive
à bien s'expliquer devant, on pourra passer derrière. Il faut y aller gonflés. Nous avons un bon sélectionneur et Jo Maso est quelqu'un qui connaît le
jeu. Devant, nous avons des types qui font leur boulot comme il faut, ils sont très forts. Ils ont tous plus ou moins la même taille et ne sont pas trop grand. Cela gêne
énormément les gabarits plus gros.
-Un pronostic ?
Je ne fais jamais de pronostic. Je ne suis pas assez persuadé par ce que je dis et je ne veux pas faire le beau. Il faudra se battre, mais cela est le propre du rugby. S'il n'y a
pas de combat, autant rester à la maison !
Le match du 24 Février 1951 : Angletrre 3-11 France
France :
Bernard, Pascalin, Bertrand ; Foures, Mias ; Bienes, Prat, Basquet (cap) ; Dufau, Alvarez ; Pomathios, Belletante, Brun, Porthault ; Arcalis.
Angleterre :
Holmes, Evans, Stirling ; Neale, Wilkins ; Thomas, Roberts, Carpenter (cap) ; Rimmer, Hardy ; Tindall, Boobbyer, Preece, Woodruff ; Hewitt.
Les points :
Angleterre : 1 essai Boobbyer.
France : 2 essais Basquet, Prat ; 1 transformation Prat ; 1 drop Prat.