Publié le 04/06/2011

Heymans n'est pas Dutour… Médard n'est pas Jauréguy… Jauzion n'est pas Moura… Skréla n'est pas Mayssonni… Dusautoir n'est pas Capmau… Millo-Chluski n'est pas Mounic… Servat n'est pas Pascarel… pourtant, et malgré 99 années de rugby bien remplies entre ces deux générations de joueurs, ces Toulousains, ont un point commun, celui d'avoir remporté le mythique Bouclier de Brennus. Quand ceux de 1912 brandissaient le premier de la formation midi pyrénéenne, ceux de 2011 soulevaient le 17ème du club le plus titré de l'hexagone.
Et force est de constater que depuis ce premier trophée, la Vierge Rouge n'a pas pas perdu de son panache, en presque 100 d'aventures. 25 finales de championnat disputées, 18 remportées, l'histoire de cette formation est intimement liée au succès. D'autant plus depuis le début des années 90, avec l'arrivée à sa tête d'un ancien du club, ailier gauche virevoltant entre 1975 et 1988, vainqueur du championnat en 85 et 86, Guy Novès. Après un premier passage compliqué à la tête de l'équipe fanion en 89 et malgré un titre, il quitte son poste avant d'être rappelé par René Bouscatel en 1993, pour reprendre la direction de l'entraînement. Les prémices d'un bail longue durée et jalonné de succès.
Car si le club toulousain est devenu l'un des plus beaux bastions du jeu, et du beau jeu, il le doit principalement à son maître d'orchestre, qui aura mené ses troupes à la victoire à 9 reprises au niveau national et 4 fois à l'échelon continental. Cette saison encore, sa science du jeu, apportée à des orfèvres du rugby a fait des étincelles. Leader au soir de la 11ème journée, Toulouse n'a jamais baissé pavillon, pour terminer en tête à l'issue de la phase préliminaire, menant parallèlement une campagne continentale brillante, mais s'achevant en demi-finale face aux irrésistibles irlandais du Leinster.
25ème finale !
Aussi, n'ayant plus que le championnat pour briller, c'est avec une énorme envie que les Stadistes abordaient les phases finales, avec en prime 20 jours sans matchs pour régénérer les organismes. Et si une coupure de ce type peu toujours soulever des interrogations sur le rythme, essentiel dans un championnat du niveau et de l'intensité du TOP 14 Orange, la réponse apportée à Marseille fut sans appel.
Face à des Clermontois, champions en titre et qui étaient, malgré une saison moins régulière que les précédentes, en course pour une 5ème finale de rang (un record dans l'histoire, *), Toulouse fit preuve d'une solidité énorme. Etouffant les Jaunards en défense à l'image d'un Thierry Dusautoir au sommet de son art, les écoeurant en attaque grâce à la vista de Caucaunibuca et la réussite au pied de Skréla, les Toulousains signaient de leur empreinte leur 18ème demi-finale consécutive pour accéder avec panache à la 25ème finale du club, la 11ème en 20 ans !
Un panache qui fit quelque peu défaut à Toulouse lors de la finale. Certes les Rouge et Noir (en blanc pour l'occasion) dominèrent la grande majeure partie de la rencontre, mais de manière stérile, faisant beaucoup de fautes de main, se heurtant à une impeccable défense montpelliéraine, incapable de la contourner et devant composer avec la faillite au pied de David Skréla, laissant filer 15 points en route. Mais patiemment, Toulouse poursuivit son action de destruction pour prendre les devants à la 70ème, 12-10, enfoncer le clou à cinq minutes du terme, 15-10, et s'imposer au bout du suspens.
18 Brennus au compteur
99 ans après le premier titre du Stade Toulousain, la bande de Thierry Dusautoir rajoute une nouvelle ligne au palmarès du club français le plus titré de l'histoire, avec un 18ème Brennus au compteur. Si cette saison est à placer sous le signe du Stade Toulousain, nous devons rendre hommage à Montpellier, une bande d'ados, comme ils aiment à se présenter. Des ados brillants cependant qui, dans le sillage de leur jeunesse dorée, incarnée par les Ouedraogo, Trinh-Duc ou Tomas (qui auront au passage vu leur pote Picamoles, parti du MHR en 2009, briller sous la lumière du Bouclier), auront su déplacer des montagnes.
Accrochant toute la saison les ténors du championnat à leur tableau de chasse, ils auront grâce à un état d'esprit en or su s'imposer à Castres en match de barrage (18-17), puis à Marseille face au Racing-Métro 92 en demi finale (26-25), pour disputer la première finale de première division du club. Cela n'aura cependant pas suffit face au Stade Toulousain, malgré une résistance héroïque en défense, du réalisme sur l'exploit de Nagusa en première mi-temps, mais devant jouer notamment à 14 durant 20 minutes. Pendant longtemps, les Héraultais surent mettre leurs adversaires en échec tactique, mais au final, Toulouse su venir à bout de ces diables d'héraultais… pour eux, le plus dur commence, car va (devoir) venir le temps de la confirmation.
Merci à vous d'avoir été fidèles tout au long de la saison, et rendez-vous pour l‘exercice 2011-2012, qui nous l'espérons sera encore plus attrayant que celui qui vient de s'achever…
* Seules deux formations y étaient parvenues, par le passé, Béziers, entre 1974 et 1978, le Stade Bordelais ayant été finaliste 8 fois entre 1904 et 1911.