Publié le 01/06/2011

- Toulouse-Montpellier. Ce match s'annonce-t-il comme une opposition de styles ?
Pas du tout ! Je n'ai pas ce sentiment, car ce sont deux équipes qui pratiquent un jeu offensif. Elles ont une certaine facilité à faire vivre le ballon et à ne pas se faire prendre avec le ballon.
- On évoque souvent la jeunesse et la fougue de Montpellier. Mais cette équipe a éliminé Toulon, Castres puis le Racing. Elle a donc des arguments techniques à faire valoir…
Tout à fait. Son grand atout est l'axe 2, 8, 9, 15 (Rofes, Matadigo, Tomas, Thiery) où il y a ce qu'il faut. Cet axe est la colonne vertébrale d'une équipe. Autour il y a Jgenti, Gorgoze, Ouedraogo, Trinh-Duc, Bustos Moyano. Une belle ossature ! Les Montpelliérains sont pleins d'enthousiasme, ils surfent sur la vague, ils ont la chance avec eux et cela fait partie de la réussite.
- Oui mais en face il y a Toulouse : 18 demi-finales consécutives, 24 finales dont 11 en 20 ans !
C'est sûr qu'ils ont accumulé de l'expérience. Ils savent parfaitement appréhender ce type de rencontre. Pour moi, ce peut être un atout majeur. Dans le jeu, c'est du 50/50 mais dans l'expérience, l'appréhension de l'événement, c'est du 80/20 pour Toulouse. Le match ne se fait pas que sur l'expérience et tout dépendra de la manière dont les Héraultais vivront ce match avant. N'ont-ils pas tout donné sur la demi-finale ? Car Toulouse sera au top à l'heure H…
- Ouedraogo, Trinh-Duc, Bustos-Moyano ce sont des jeunes joueurs et pourtant ils semblent hermétiques à la pression. Est-ce une question de génération ?
La pression c'est quelque chose qui te colle toujours à la peau dans ces moments-là. Toute la ville en parle, tous tes amis, toute ta famille, tout le monde ! Elle est là, présente au quotidien. Même à Montpellier. C'est tellement difficile une finale, tellement de travail pour y être avec la perspective d'un si grand bonheur que je ne pense pas que ces joueurs ne ressentent pas de pression.
- On évoque toujours la conservation du ballon, les lancements de jeu pour dire sur quoi va se jouer un match. Avez-vous, vous, cerné des éléments clés dans cette rencontre ?
Offensivement, un élément clé sera la sortie rapide sur les points d'impacts. C'est capital pour réussir à créer un déséquilibre et à prendre de vitesse de telles défenses. Défensivement, le moindre plaquage raté va avoir d'énormes conséquences comme on a pu le voir sur les deux essais du Racing où Montpellier en rate 4 ou 5. Il faudra vraiment être dans une perspective de défense qui avance, qui franchit la ligne d'avantage à chaque impact.
- La profondeur de banc peut-elle aussi jouer ?
La composition d'équipe qui va démarrer est déjà importante ! Je ne comprends pas pourquoi Nicolas Durand n'a pas débuté la rencontre à Marseille pour le Racing. Quand il est entré (47e minute, Ndlr) il a apporté un vrai plus mais il était trop tard, Montpellier avait déjà pris de l'avance et de la confiance. Ce qui prouve que, parfois, le banc ne peut pas tout faire. Ce qui fera la différence c'est l'expérience ; savoir prendre les bons coups au bon moment. La gestion du match va être capitale.
- Vous attendez-vous à un match ouvert, enlevé ?
J'espère pour la France du rugby que ce sera un match ouvert et que les joueurs se libèreront sur le jeu. Mais pour cela il va falloir oublier qu'il y a un titre au bout, et le bouclier de Brennus à soulever. Pas évident…