Publié le 15/05/2011

La pluie
Parfois diluvienne, parfois douce ou par à coups, la pluie a constamment bercé la région castraise durant l'avant match. Sous un ciel gris, la rencontre s'annonçait donc quelque peu compliquée à abordée, sur une pelouse forcément détrempée et avec un ballon assurément glissant. Cela n'inquiétait cependant pas les supporters Montpelliérains, qui avaient fait le déplacement en masse, à l'heure d'affronter une équipe tarnaise, réputée pour son pack et à priori avantagée dans cette configuration « humide ». Une possibilité confirmée dès l'entame lorsque le CO inscrivait un essai par ses avants mis en lumière… sur une action de trois quarts ! Parfaitement lancé à hauteur de la ligne médiane, Tekori faisait parler sa vitesse avant de jouer la carte de la puissance pour avancer le long de la touche côté droit, servir Capo-Ortega qui envoyait Diarra, plaqué à 5 mètres de l'en-but par son vis-à-vis Ouedraogo, dans l'en-but, profitant de la pelouse mouillée pour glisser vers le premier essai du CO. Une entame idéale.
L'avantage du terrain
Vraiment idéale, surtout au regard du lieu des débats, le stade Pierre Antoine, où Castres était invaincu cette saison. Avec sept points d'avance dès l'entame, et donc victorieux de leurs 13 matchs de TOP 14, on voyait mal les Tarnais flancher dans un contexte aussi favorable… pourtant ! Si l'an passé la défaite des Tarnais en barrage à Toulouse n'avait rien de réellement surprenant, ils n'avaient cette saison pas le droit à l'erreur à domicile.
La pression
Du coup, la pression était sur les épaules des hommes des Laurent Labit et Laurent Travers. Et cela s'est ressenti sur au regard d'un comportement inhabituel et d'un problème de buteur rarissime, mais nous en parlerons plus tard. Contrairement à eux, les Montpelliérains venaient dans le Tarn complètement libérés. Sur leur petit nuage depuis la victoire sur Toulon le week-end dernier, synonyme de qualification en phases finales et en HCUP pour la saison prochaine, les Héraultais n'ont plus rien à perdre dans ce championnat, au contraire, tout à gagner, ils l'ont prouvé. Et à regarder leur joie à l'issue de cette victoire, ils peuvent déplacer des montagnes.
La faillite d'un buteur
D'autant plus lorsque ces montagnes n'ont pas à opposer leurs vertus traditionnelles et surtout la réussite tellement criante de leur artificier en chef. En effet, meilleur réalisateur du championnat, affichant un pourcentage à faire pâlir les statisticiens à la maison, Romain Teulet n'a pas eu son rayonnement habituel, ratant trois pénalités, dont deux très largement à sa portée en deuxième période, deux balles de matchs. Mais nous le disions plus haut, la pression était peut-être trop forte. Mais Robocop a tellement fait de bien au CO tout au long de la saison, et même des précédentes, que personne à Castres n'en tiendra rigueur à l'arrière de poche.
La discipline
En revanche, ils pourront s'en prendre à leur discipline, trop large, à ce niveau de la compétition pour espérer se qualifier. Les mots de Laurent Labit résumaient la rencontre : « on perd en marquant deux essais, on offre six pénalités aux montpelliérains, tout est là ». Sanctionnés à plusieurs reprises pour avoir tapé le ballon des mains du demi de mêlée adverse ou pour être entrés sur le côté des regroupements, les Castrais se sont fait sanctionner sur des actions sans danger. Inhabituel donc voir même surprenant, à moins que cette fameuse pression du barrage à domicile…
La supériorité numérique
Pourtant, avec deux supériorités numériques contre une, les Tarnais auraient pu tirer leur épingle du jeu. Les deux équipes ont connu cette situation, le MHR d'abord pendant sept petites minutes avec l'exclusion du Castrais Bonello sur anti-jeu (avant que Figallo sur le même type de faute ne le rejoigne sur le banc des accusés). Période positive pour les Héraultais, qui avec six points de Bustos Moyano bonifiaient la période. Castres ensuite pu bénéficier du même avantage, d'abord pendant trois minutes avec le retour sur le pré de Bonnello pendant l'exclusion temporaire de Figallo, puis pendant dix minutes en seconde période après le mauvais geste de Fakate sur Bai. Avec 10 points inscrits sur cette période, on peut dire que le CO a plutôt bien géré la période, sûrement pas suffisamment dans un contexte qui s'est avéré moins bénéfique au final.
L'exploit au final
Le fait est que Castres s'est incliné pour la deuxième année consécutive en match de barrage, mais cette fois, sur sa pelouse. La défaite fait mal pour un club qui avait fait de ce match une priorité, d'autant plus qu'invincible sur sa pelouse depuis le coup d'envoi de la saison, il partait avec de sérieuses garanties. La déception doit être énorme mais ne doit pas masquer les trop nombreuses fautes qui ont provoqué cette désillusion. A l'inverse, les Montpelliérains peuvent savourer cette immense performance, dans la lignée d'une saison magnifique, et qui est loin d'être terminée. Le staff héraultais ayant donné quatre jours de repos à leurs troupes pour qu'elles se retrouvent et qu'elles retrouvent de l'envie, le MHR pourra se préparer dans les meilleures conditions pour sa demi-finale à Marseille, et qui sait, réaliser un nouvel exploit. Libéré et ayant tout a gagner, la troupe de Ouedraogo pourrait, comme son capitaine le serine, à nouveau déplacer des montagnes.